Publié : 3 novembre 2026
Vérifié et relu par Royking Niba, Relecteur éditorial, JOGOO Agriculture

La culture du chou au Sénégal est d’abord une affaire de Niayes : cette bande côtière entre Dakar et Saint-Louis fournissait environ 84 % de la production nationale de chou pommé (Brassica oleracea var. capitata) selon l’étude de marché de l’Association des unions maraîchères des Niayes (AUMN, 2013). Les repères pour le pays : une production passée d’environ 26 500 t en 2006 à 55 000 t en 2012, 25 à 40 t/ha en saison fraîche contre rarement plus de 15 t/ha le reste de l’année, et un prix du sac qui peut varier de 1 000 à 25 000 FCFA selon la saison. Les chiffres de cette fiche viennent de l’AUMN, de l’ISRA, de l’Université Cheikh Anta Diop, du CIRAD et de la FAO.

Grâce aux hybrides, la culture du chou au Sénégal se pratique aujourd’hui toute l’année, mais la saison fraîche reste la plus productive et la plus encombrée. Bien choisir sa période de plantation compte autant que l’itinéraire technique.

Culture du chou au Sénégal : les chiffres clés

Indicateur Valeur publiée
Production nationale Environ 55 000 t en 2012, 4e légume du pays
Part des Niayes Environ 83,6 % de la production
Rendement en saison optimale 25 à 40 t/ha
Rendement hors saison Rarement plus de 15 t/ha
Prix du sac de 35 à 40 kg De 1 000 FCFA (saison froide) à 25 000 FCFA (hivernage, primeur), AUMN 2013
Exportations estimées 5 500 à 6 000 t, surtout vers la Mauritanie et la Gambie
Ravageur principal Teigne du chou, présente dans tous les champs suivis

Les Niayes, cœur de la production

L’étude de l’AUMN distingue trois zones dans les Niayes :

Le chou y est entièrement conduit sous irrigation. Deux points pèsent sur la conduite : la matière organique, indispensable pour retenir l’eau et les éléments, et la qualité de l’eau. La FAO classe le chou comme modérément sensible au sel : aucune perte de rendement jusqu’à 1,8 dS/m de conductivité de l’extrait de sol, 10 % de perte à 2,8 dS/m et 25 % à 4,4 dS/m. Faites analyser l’eau du puits ou du forage avant d’étendre une parcelle.

Quand planter le chou au Sénégal ?

Avant les années 1980, le chou ne se cultivait qu’en saison froide, de novembre à avril. Les hybrides ont ouvert quatre saisons, décrites par l’AUMN :

Saison Période Ce qu’il faut savoir
Primeur Septembre à novembre Offre faible, prix élevés ; variétés tolérantes à la chaleur indispensables
Saison Décembre à février Meilleurs rendements, mais surproduction et prix au plus bas
Arrière-saison Mars à juin Pression de teigne forte en fin de saison sèche
Hivernage Juillet à octobre Rendements faibles, petites pommes, prix élevés

Le choix est donc un arbitrage entre volume et prix. En saison froide, un sac s’est parfois vendu 1 000 FCFA ; en hivernage ou en primeur, il peut monter à 25 000 FCFA (AUMN, 2013). Fin août 2013, le sac se négociait 6 000 à 7 500 FCFA sur les marchés de groupage, puis 14 000 à 15 000 FCFA dix jours plus tard, avant de redescendre à 8 500 FCFA le 14 septembre. Ces prix datent de 2013 : vérifiez les cours actuels avant de planifier.

Variétés de chou utilisées au Sénégal

L’étude de l’AUMN cite deux variétés dominantes dans les Niayes :

Dans l’essai de l’ISRA à Mboro (Ngom et al., 2017), c’est la variété Tropicana qui a été utilisée. Le catalogue du RECA (Niger, 2019) donne d’autres repères pour la région : Tropica Cross F1 est récoltée 70 à 75 jours après repiquage, à 40 000 plants/ha, avec 250 g de semences par hectare et 30 à 35 t/ha ; Marché de Copenhague, variété fixée, ne convient qu’à la saison fraîche. Le marché demande aussi de petites pommes : fin août 2013, les sacs de petits choux se vendaient 1 500 FCFA plus cher que ceux de gros choux.

Itinéraire technique adapté aux Niayes

Pépinière et repiquage

Semer en pépinière protégée par un voile anti-insectes, puis repiquer 3 à 4 semaines plus tard, au stade 4 à 6 vraies feuilles. Dans les Niayes, où la teigne est présente dans toutes les parcelles, sortir des plants indemnes de chenilles est la première mesure de lutte. La FAO recommande 30 000 à 40 000 plants par hectare : 50 cm sur 50 cm pour les grosses pommes, un peu plus serré pour les petits choux de détail.

Fumure organique et minérale

Dans l’essai de l’ISRA à Mboro, la fumure témoin associait 25 t/ha de fumier bovin et 300 kg/ha d’engrais 10-10-20. Un compost de biomasse de neem et d’anacarde apporté à 10 t/ha avant repiquage a donné un rendement nettement supérieur au témoin, 144,5 t/ha contre 74,2 t/ha. Ces valeurs viennent de microparcelles de 4,5 m² et ne se transposent pas telles quelles au champ, mais elles confirment le rôle central de la matière organique dans les Niayes.

L’AUMN signale aussi que l’excès d’urée dégrade la qualité des pommes. La FAO estime les besoins du chou à 100 à 150 kg d’azote, 50 à 65 kg de phosphore et 100 à 130 kg de potassium par hectare : fractionnez l’azote entre le repiquage et le début de pommaison et calez les doses sur une analyse de sol. Notre article sur les prix des engrais NPK en sac de 50 kg aide à chiffrer ce poste.

Irrigation et paillage

La FAO situe les besoins en eau du chou entre 380 et 500 mm sur le cycle, avec un coefficient cultural qui monte à 0,95 à 1,1 pendant la formation de la pomme. C’est la phase où un manque d’eau coûte le plus de rendement. Sur sable, l’eau s’infiltre vite : des apports fréquents et réguliers, au goutte à goutte, valent mieux que de gros arrosages espacés. Le paillage réduit l’évaporation et le désherbage ; voir notre article Pourquoi pailler une planche de chou.

Le pompage est souvent le premier poste de dépense dans les Niayes. Notre article Pompe solaire ou motopompe : dimensionner le pompage d’une parcelle d’oignon présente une méthode directement transposable au chou.

Ravageurs du chou dans les Niayes

Labou et al. (2017), équipe associant l’Université Cheikh Anta Diop, le laboratoire BIOPASS (ISRA, UCAD, IRD, CIRAD) et le CIRAD, ont suivi 116 champs de chou des Niayes sur quatre cycles, d’octobre 2012 à mai 2014 :

Ravageur Incidence observée Période la plus critique
Teigne du chou (Plutella xylostella) 37,1 % des plants en moyenne, jusqu’à 50 % Fin de saison sèche, Niayes Sud
Pyrale du chou (Hellula undalis) Jusqu’à 12,5 % des plants Début de saison sèche, Niayes Sud
Noctuelle de la tomate (Helicoverpa armigera) Jusqu’à 9,4 % des pommes Non précisée
Aleurodes et pucerons Généralement faible Non précisée

Pour la culture du chou au Sénégal, deux résultats changent la façon de traiter. D’abord, l’incidence de la teigne augmentait avec le nombre d’applications d’insecticides, ce qui traduit des résistances et la destruction des ennemis naturels. Ensuite, la pyrale était favorisée par l’abondance de cultures hôtes autour de la parcelle et reculait quand la température montait. L’AUMN rapporte, d’après une étude de l’ISRA, des pertes pouvant atteindre 80 % dues à la teigne et aux foreurs.

La lutte intégrée repose sur des plants sains, un voile anti-insectes en pépinière, la destruction rapide des résidus de chou après récolte, des plantations groupées plutôt qu’échelonnées, le Bacillus thuringiensis et le neem sur jeunes chenilles, et l’alternance stricte des familles d’insecticides lorsqu’un traitement est justifié.

Résidus de pesticides et mise en marché

L’étude de l’AUMN souligne que la plupart des matières actives utilisées contre les ravageurs du chou n’ont pas été évaluées au regard des limites maximales de résidus du Codex, et que les doses et délais avant récolte sont souvent mal respectés. Utilisez uniquement des produits homologués au Sénégal pour le chou, respectez la dose et le délai avant récolte et portez un équipement de protection.

La commercialisation passe surtout par les bana-bana et les marchés de groupage de Notto, Mboro, Diogo, Fass Boye, Lompoul, Potou et Keur Abdou Ndoye, puis par les marchés de gros dakarois de Thiaroye, Castor et Gueule Tapée. En 2013, l’enquête auprès des détaillants de Dakar relevait un prix d’achat moyen de 350 FCFA/kg et un prix de vente moyen de 475 FCFA/kg. Faute de stockage, les détaillants se réapprovisionnent presque chaque jour. En chambre froide, à 0 °C et plus de 95 % d’humidité, un chou précoce se garde 3 à 6 semaines (Université de Californie à Davis), ce qui permet d’étaler les ventes.

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Structures d’appui au Sénégal

Questions fréquentes

Quand planter le chou au Sénégal ?

La saison de décembre à février donne les meilleurs rendements, mais aussi les prix les plus bas. Les plantations de primeur (septembre à novembre) et d’hivernage (juillet à octobre) rapportent moins de tonnes mais se vendent beaucoup plus cher.

Quel est le rendement du chou à l’hectare au Sénégal ?

De 25 à 40 t/ha en saison optimale dans les Niayes, et rarement plus de 15 t/ha aux autres périodes, selon l’étude de l’AUMN de 2013.

Quelle variété de chou pour l’hivernage ?

Santa est appréciée en hivernage pour sa pomme ferme d’environ 1,5 kg, mieux payée que Tropica Cross, qui donne alors des pommes de moins de 1 kg.

Quel est le prix d’un sac de chou au Sénégal ?

En 2013, le sac de 35 à 40 kg variait d’environ 1 000 FCFA en pleine saison froide à 25 000 FCFA en hivernage ou en primeur. Vérifiez les cours actuels sur les marchés de groupage.

Comment lutter contre la teigne du chou dans les Niayes ?

Combinez plants sains, destruction des résidus, Bacillus thuringiensis ou neem sur jeunes chenilles et alternance des familles d’insecticides. Multiplier les traitements augmente l’incidence de la teigne, comme l’a montré le suivi de 116 champs.

Combien de temps dure la culture du chou au Sénégal ?

Comptez 3 à 4 semaines de pépinière puis 70 à 75 jours au champ pour Tropica Cross, soit environ 3 mois et demi au total.

Sources

Pour aller plus loin

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